LE STORY DE PATRICE BALDINI (Owanestek)
L'INTEGRALE!

Alors raconte! Owanestek!

J'avais loupé l'édition 2001.  La frustration avait été forte et je suis parti cette année avec une bonne dose d'excitation. Je vous passe les détails; nuit dans le train, accueil de Markus à la gare, p'tit dej chez Markus et préparation des vélo de prêt chez Mark...,

Ensuite, transport, déchargement et entrée dans la cathédrale bordelaise.

Alors là, difficile de vous décrire les sensations.

Rouler sur un vélodrome faisait parti de mes vieux rêves. Première réaction, regarder au plafond tellement cette salle est immense. Ensuite les yeux parcourent la piste pour essayer de comprendre comment se négocient les fameux virages.

Bon, les gars, il faut que je vous fasse une remarque. Il faut vraiment que vous appreniez à décrire les terrains sur lesquels nous avons rendez vous. Ceux qui avaient essayé de me prévenir au sujet des virages étaient maladroits. J'ai entendu des choses comme; <<fais gaffe c'est relevé>> ou << tu verras c'est étonnant et ça fait un peu peur>>

MOI ! je vais vous la dire la vérité...

Les virages sont à la "verticale" et ça flanque une putain de trouille !

Heureusement que je retrouvais tous ces gens rencontrés ici et là au cours de l'année. Florian (la Bomba) Vincent (El Condor) Rodolphe (Coyote de l'espace) Philippe (Pulsart) Philippe (l'escargot) et j'en passe. Il y avait aussi de nombreux visages inconnus, pas pour longtemps je vous rassure. Et Didier, c'est un ami niçois (presque un frère depuis 25 ans) qui à eu le courage (ou la folie) de s'inscrire avec moi alors qu'il n'avait fait qu'un tour de 80 KM sur un Lynx un mois avant et sur des pistes cyclables landaises bien tranquille. On est comme ça à la Mecque du Bent !

Bon maintenant que le rêve est à portée de manivelle autant y aller. Héhé ?! Pas aisé le démarrage avec un Baron (quand on vient du Condor) avec cette pente et les pédales de course.

Ca va, c'est parti ! Direction le fameux mur de pelote Basque. Mieux vaut prendre de la vitesse pour rester collé là dessus.

10 mètres, cinq mètres, trois mètres, deux, un, aïe je me dégonfle et je passe en bas, sur le plat.

Pas grave, y'a deux murs par tour. Il suffit de prendre un peu de vitesse supplémentaire. 10, 9, 8,7,6,5,4,3,2,1, et zut je suis encore passé en bas. tans pis encore un tour. Et non je passe encore en bas, et encore en bas, et encore et encore !

Attend je me dégonfle ou quoi ? Il vaut mieux que je m'arrête pour me calmer un peu. C'est ça, au lieu de me calmer j'entend que par malheur je suis le premier de la liste alphabétique appelé sur la ligne de départ pour le 1000 mètres départ arrêté.

Ouai ouai, y'a un complot contre moi c'est sûr à présent! ils se doutent que je balise et ils me font partir le premier pour rigoler. Je suis pas dupe vous savez mais en bon Owanestek je prends sur moi de jouer la comédie et laissé croire que je suis à l'aise. Je vois un mec qui s'approche de moi. C'est sûrement un sorcier qui va me jeter le mauvais oeil, aïe, il se penche sur moi pour me parler;

<< vous êtes Patrice Baldini>> drôle de technique... <<heu...oui !>>

<< je suis Joël Clerc>>

C'est bon il m'ont eu, je suis déconcentré. Joël Clerc je ne l'avais jamais vu mais je l'adorais déjà. Nous nous sommes beaucoup écris et ma joie de le voir là me chamboule le coeur.

<<ouai, super, tu es venu. Laisse moi une minute* et je suis à toi>> *ça devrait suffire!

J'ai les glandes car j'avais préparé un CD des Blues Brothers (Everybody needs Somebody to love) pour ma course mais ma distraction légendaire fait que je suis venu avec la boîte vide. Ca sera les ZZ Top, on verra bien... C'est Rodolphe (le sadique) qui me donne le départ. J'envoie les watts et me voilà face au mur, cette fois ci pas question de déconner et de passer en bas. ATTENTION, hop, et je repasse en bas. C'est incroyable je me suis débrouillé pour rester sur le plat pendant quatre tours. C'est un peu la honte mais heureusement la performance est là pour sauver la réputation.

Malgré mes jambes qui ont triplé de volume à l'effort je me rend à la table de chronométrage pour prendre connaissance de mon exploit. Le complot continue, j'ai soit disant mis 1' 35" . En fait, Dussart père à mis des vieilles piles dans son chrono. J'vois pas sinon! Je vais rester là, on verra bien... Les tentatives se succèdent et la vérité m'accable. Papa Dussard est un honnête chronométreur et les piles de son machin là, sont bonnes. J'avais rêvé de roulé dans un vélodrome OK, mais j'avais aussi rêvé que j'étais fort. Le réveil est brutal !

Ca va! j'ai compris, je me fais petit et je regarde passer les stars. Tient justement c'est le tours de Tim, j'admire la fluidité du pédalage, l'aisance dans les virages et tout d'un coup vous savez ce qu'il fout ? Il se vautre comme une "estrace" à la sortie du mur. Hahaha je suis pas si mauvais que ça, pour me cogner il faut quand même rester sur la piste. Je rigole un peu parce que je sais qu'il n'a rien de grave, c'est juste une glissade.

Les 1000 mètres étant bouclés nous participons aux manches par éliminations. Bien sûr Didier et moi sommes parmis les premiers éjectés. On est sportifs, on accepte la défaite sans sourciller. On est pas du genre à faire remarquer que tous les autres étaient très habitués à leurs machines, qu'ils sont très bien préparés, qu'ils sont très jeunes et surtout qu'ils sont tous contre nous. Vous croyez qu'on avait pas compris la combine ?!

Un autre 1000 mètres, OK sympa. Je vais essayer avec un Stinger cette fois ci. Allez, quatre tours dans la tronche et 1' 24" au final. Alors vous voyez le potentiel maintenant. 11 secondes de grattées au passage. Encore deux ou trois essais et je le mange le gros Magné.

C'est à ce moment que Zébulon trouve l'occasion de faire parler la poudre. Parce que je ne vous ai pas encore parlé de ce diable de Hugo Scherpenzeel. Il paraîtrait qu'il à des ressorts dans les jambes (on attend le résultat des radios). Nous pouvions regarder à n'importe quel moment sur la piste, Hugo tournait avec son Mini bent. Ce bonhomme de 7 ans est étonnant. Tout le monde retient son souffle car Hugo se lance pour un 500 mètres départ arrêté. C'est qu'il envoie vraiment du gaz l'animal (comme on dit dans le coin) et nous fait péter un chrono d'enfer. C'est décidé, demain il viendra avec nous pour la rando.

J'ai pas envie de vous raconter la tentative de record de l'heure de Vincent Pfister et d'un coureur Hollandais dont le nom m'échappe. Ils m'ont énervé en roulant pratiquement à la même vitesse que moi sur 1000 m pendant 60 minutes. Ca c'est déjà impressionnant mais rien à voir avec la performance de Madame Pfister et de mini Pfister. Ils sont resté tout l'après midi seul dans un coin des tribunes sans bouger. Mieux même, mini Pfister à réussi à dormir malgré la sono.

Nous voilà au départ d'une manche de 30 minutes. Nous sommes 25 sur la piste, on se croirait dans un film. Il va falloir assurer pour le départ car avec une telle meute le moindre écart peut coûter cher. Tout comptes fait Didier et moi avons peu roulé sur cette piste et nous avons toujours peu de métier avec des Low Racer. Ca va être chaud.

Un, deux, trois, Partez ! Houla, houla, c'est des fous ces mecs. Ils emboîtent comme des dingues les salopards (encore un peu de jargon) Les tours se succèdent et les dépassements des hollandais volants sont effrayants. Ils sont tellement agiles qu"ils nous double comme des fusées et nous coupent la trajectoire sans se douter qu'à chaque fois nous échappons à la chute. La corde est surchargée de concurrents. C'est rassurant, on est pas les seuls à avoir les chocottes.

Cette fois ci je vais devoir monter dans la courbe car Didier qui roule un poil moins vite que moi est là devant et il faut que je passe. Hop un petit coup de guidon et halalalala c'est mal embarqué cette affaire. Le Stinger se fait la valise et je coupe devant Didier comme un avion de chasse. La chute est inévitable et mon pauvre ami va goûter le parquet à cause de moi. A ce moment ça m'est égal de tomber mais je m'en veux de faire tomber mon pote que j'ai embarqué au BOB pour sa deuxième expérience en bent. Et bien non, c'est magique car je me suis gaufré tout seul. Je ne sais pas comment il a fait pour m'éviter alors que je dérapais devant lui bien en travers mais je l'ai vu s'éloigner en zigzagant.

Ouf, je peux ramasser le Stinger et repartir. C'est bon, j'ai pas mal et les tours se succèdent jusqu'au moment ou la situation se reproduit avec un autre coureur. Pas grave !cette fois ci je me concentre, j'engage moins avec la direction et, et quoi? le coureur qui me précède fait un écart pour doubler lui aussi ! Mais qu'est ce que c'est que ce" bins"? je suis obligé d'aller plus haut encore et d'un coup d'oeil dans le rétro j'aperçois les fous hollandais qui me foncent dessus sans pitié.

Ca y est je me souvient, le fameux complot ! ces gars sont là pour me faire la peau. Ils y sont presque arrivé. Je ne peux pas vous raconter ma cascade car ce fut trop rapide et brutal mais en effet j'y ai laissé quelques centimètres carrés de peau et comme on dit je suis tombé de haut.

Je me trouvais en effet par la force des choses à mi-hauteur du mur. Je me suis débrouillé à frapper le bas du virage avec le dos qui comme vous le savez est de loin mon point faible. La course était terminé pour moi ! Un cuissard en moins à ma garde robe et les fesses endommagées. Les assassins ont continués quelques tours pour se départager et nous avons pliés le matos pour foncer au restau ou nous étions attendus.

Pas la peine que je m'attarde sur cet épisode car c'est toujours la même chose. Convivial, sympa, chaleureux, instructif, reposant et tout le bataclan. Je me demande franchement pourquoi si peu de gens font le déplacement alors que ce genre de rassemblement est si agréable. Hé les bentrideurs et bentrideuses de tous poils, qu'est ce que vous foutez ???

Le lendemain même topo. Les veinards (ceux qui ont dormi au palais de la fée Marie) rejoignent le gros de la troupe pour une méga rando à travers les routes et piste du pourtours du Bassin d'Arcachon. Le rêve encore une fois, balade en peloton de 25 (trop rare) dans la pinède avec "Hugo Terminator" qui roulait à l'aise au dessus de 25 KM/H si nécessaire. Traversée du Bassin en bateau etc. que du bonheur. La séparation après ça est pénible mais l'espoir de recommencer dans une douzaine de mois nous aide à reprendre le chemin de la maison. Pour ma part c'est décidé. Si Markus remet cet événement au calendrier je reviens. Je l'aiderai si je peux car c'est un gros travail. J'amènerai mes piles pour écarter les doutes et je couvrirai mon bent de grigris pour écarter les mauvais esprits. Alors là! vous allez moins rigoler je vous le dis déjà. Une fois de plus je vais utiliser le jargon de la compet << ça va saigner >> bien que Tim et moi soyons les seuls à avoir laissé un peu de peau sur le parquet et aussi à avoir ramené des échardes dans nos fesses. A l'heure ou je vous parle j'ai encore une épine du bois de Bordeaux dans la fesse droite.

Ne déconnez pas, si vous aimez le bent. Ne le dites pas, faites le !!! A bientôt les amis (es)...

OWANESTEK

Nice Côte d'Azur

(La Mecque du Bent)